7.3.15

51. See Real _ '23 secondes (part 1)'

Regarde au-dessus des tours grises, regarde les hélicoptères qui tracent des contrechamps spirales.
Regarde par la vitre entre les gouttes les lumières fantasques, les traits sinueux concentriques/ dévide quelques reflux soap de vielles clopes décadentes, glide et distorsion sur la basse, bring me alone, soupir, contre toi qui rêves sans artefact, sans plus aucun artifice ingénu, regarde les feux idoines d'un camp de fortune glissant le long des flots sombres que j'imagine piqués de planctons phosphorescents, le ressac numérique dans le vide du jour virtuel, les rues enregistrées, regarde ; j'imagine l'acier froid d'un canon entre mes lèvres. Touchant mes dents.
Des tablas évanescents, explosions noires, chassent le vent, charrient la pluie dans des flaques de lave solide. Une boule dans la gorge. Les spams de mes demies-nuits. Je. Tu ne peux pas pleurer. Spleen. Opaque. Insomnie noire. Key logger. Ressaisissez votre mot de passe. Montée. Écarquillés/ le plafond noir. Tes yeux grands ouverts. Injection trash. Implosion.

L'espace modifié prend place sous tes yeux. Tu sembles horrifié. Choqué. L'émotion, c'est : la panique, la panique torpeur.

Insomnie rouge.

Key logger. Injection. Déjection. Ressaisissez votre mot de passe. L'inoculation ne dure que 23 secondes. Les plafonds défilent. Le bruit des roulettes. Néons, couloir d'hôpital, la panique écarquillée dans la lame du scalpel. La pointe de la seringue. Flash d'insomnie. On utilise une aiguille ultra-fine introduite à travers la sclère du patient à un endroit pré-déterminé. Ré-ré-réveille-toi. Les nuages glissent sous la lune noire.
Injection d'insomnie. La structure ADN se calque sur les 23 paires de chromosomes du sujet. Flash. Lumière blanche. T'injecte l'insuline glycol, la térébenthine, les trojans et virus célèbres, communion cellulaire à travers les nuits qui se tordent, le glide sur la basse germinale, les télépathies thuriféraires. Un microcode nanoviral de seconde génération.
Rouge sang. D'abord le venin sur mes/tes lèvres, une nouvelle caresse, une nouvelle expérience, une modification, une morphose insidieuse, poison dans le vide du jour virtuel. Oui, une reprogrammation génétique.
Regarde les hélicoptères qui larguent du napalm, regarde au-dessus des tours grises. Regarde par la glace entre les cellules les cellules se dévorant entre elles, rubis cannibale, l'insuline ahrimanienne qui t'écarquille au maximum, instillation GABA, les yeux plafonnés, striés de souvenirs de ciel bleu. Styx. Le cerveau allumé en mode automatique. En roue libre dans les contrechamps spirales des nuits blanches.

Tout est confus. Sur tes mains, du sang.
Ne bougez pas, là, doucement. (Regarde par la vitre entre les gouttes, seringue rouillé d'images radioactives, ferraille, le ressac numérique des voitures phares allumés, le va-et-vient perpétuel, toujours minuit ici, coupe-illusion, passe-bas, scalpel, insomnie de lave bouillante, larves brouillées, lèvres entrouvertes. L'injection les yeux ouverts.) Laissez-vous faire.

Typhus, trip hallucinatoire aspirant la fenêtre ; les revêtements acides débordent tous azimuts les venelles en bas que j'imagine visqueuses, humides et puantes. Nuits infinies. Babylone. Bring me alone. Relâchez la pression. Ça y est. On y est. Shoot de noradrénaline au fond de l’œil. Accélération. La ronde des pensées incontrôlables. Écarquillé. C'est bon. Le plafond s’élève. Les torchères dérapent. Injection trash. Au creux de l'oreille, les mêmes mots, ré-ré-réveille-toi, la tension, seule, et l'injonction, l'injection d'insomnie dans les rues déformées, les murs mous qui suintent, suent, scient, cisaillent – impossible de dormir : tes yeux grands ouverts. Insomnie lysergique programmé. Implant réussi. Quand il ne reste plus rien d'autre que ça, je me lève.
Le canon froid du réel entre mes lèvres, la pièce dans le noir, la lune à la fenêtre entre les arbres, la lumière jaune, arraché , extrait vivant d'un caveau profond. Biopuce implantée. Du sang strident, épais, tumultueux, acouphènes bouillonnants ; insomnie rouge sang. Dérèglement en temps réel.

Tout est confus. Du sang sur tes mains.

.../...


See Real

1 commentaire:

  1. Parfois on sait où on est. Et puis on se perd un peu. C'est ce qui est bien.

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