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18.3.16

107. See Real _ 'Real Life™ (chapitre 1)'

1

Un snare clair éclate les lignes des trottoirs. La pluie glisse dans le caniveau. Une voix, ta voix ?, résonne et se confond avec les gyrophares hirsutes. La pluie grésille comme un vinyle. Je m'entends battre. Non ce n'est pas ta voix, tu dors déjà et tu n'es plus là. Il y a le désert dehors. Et dedans. Bless up, la basse grasse racle, racle et racle ce qu'il y a au fond sûrement. Des os, des bouts de  sonneries poussiéreuses, des textos décharnés, usines délabrées. Les toits en tôle vibrent. Tintent. Assourdissent. La ville qui s'endort en lumières là-bas. 
Je suis des guitares andalouses en delay. Des infra-basses graves-acides. Hydre. Un sample au piano. Tu m'as quitté la nuit dernière je crois. Toutes les nuits sont la dernière maintenant. C'est de manque maintenant le sulfurique ; la tête, ma, résonne sur le carrelage froid, des, mes, cris déchirent la nuit de l'immeuble, les missiles m'ont touché, je saigne, me vide, sur le parquet, la moquette de la télé, les films qu'on avait faits sur la route, la route tout juste disparue : je te vomis. Mais pas encore assez. 
Lady Capulet sous ta capuche de crapule tu m'as/ Les supermarchés sont interdits aux dissimulés, mais pas, non pas les nuits. Code-barre. Effleurer ta bouche, ta bouche, le soir en rentrant je sais pas où tu es. L'oracle reste mystérieux. L'interface gelée. Tout semble serein. Plein. Et vide.
Une tête de serpent domine la coupole illuminée par les sodiums de la ville. J'imagine que Jah est à mes côtés en fumant mon joint, tu dois te souvenir de ce que c'est. 

L'autoradio était allumé, les basses bien à fond, tu tirais de longues taffes oblongues pendant que je conduisais vers l'autre versant luisant. « Pourquoi lutter ? » m'avais-tu dit. « ...tu es seul, tu es en panne d'inspiration et,... je crois comprendre : le succès, ça peut être intimidant. C'est tout à fait naturel que tu te mettes la pression. Laisses-moi t'aider. » Feu rouge. J'ai fait : « Tu sais ce que je veux ? » Feu rouge. Essuie-glaces. Tu m'as répondu, « ...plus vite tu auras fini ces pages et plus vite tu me reverras. »
Express hurlant. Brûlant. Aéroport de nuit. Café désert. Tu sais comme un rêve, une insomnie douce, floue, enfumée - je suis des guitares andalouses en delay, des samples de guitares andalouses en delay - un truc que tu connais, les arcanes du mal, un glide sur une basse, les racines du spire, ton programme inné, l'impression aiguisée, une voix proche murmure, ta voix ? bip, Fondu noir. 
Noir et blanc.
Ton corps doux en plastique. Papier numérique. Mots doubles. Chiffres chiffonnés. Combinaison tactile. Codes secrets dans la matrice. Ton, notre ADN enlacé, mutant, palpitant, skank & sirène dub, l'écho, ici, d'où nous parlons la même langue. Sans hasard. Le glide sur la basse, au cœur du siphon solénoïde, vortex astéroïde récite le chant spirale, takit ez, l'inscription en vieil acmé numérique sur la face nord du disque dur, 1.0, la route est comme tu t'en souvenais, les toits en tôle vibrent, les nuages passent, un semblant de vie dans la machine, antique pulsion remontée des abysses, le kit parfait sorti d'une petite boîte à opium oubliée sous les cendres : 
→ les heures lentement, visions, salle d'attente bondée, néons blancs, foule perturbée, rues instables, tangibles.
→ Les espaces-temps décalés. 
→ Sous la lune-skunk, des lampadaires orange, des masques à gaz et des usines décharnées, des courbures intersidérales, phares, battements Alpha-programme, mot de passe ; couloirs évanescents, fatums aux parois transparentes, vitres thêta-opaques, faux-miroir numérique, la brèche se répand en pixel sur le mur, des passages arachnoïdes et des souterrains familiers, slogans sur mesure, j'ai l'impression de te connaître depuis longtemps, mon cœur binaural, scanner aléatoire, nos voix synchrones, ouverture et fermeture automatique des portes.
→ Toutes les nuits sont neuves®. La pluie crépite comme un vinyle.

Promeneur solitaire, écarquille les arcanes. Fouille les canaux. Écrase les têtes grasses et collantes. Monte dans le bus underground, Top Secret. Climatisation et vitres teintées. Repoussez les limites de vos exigences. Les ambiances s'irradient. Connexes. 
Lady, les crypto-photos grésillent. Des roues dans les flaques. La buée et l'incandescence de ta bouche et le crissement des feuilles. Comme un vinyle. Lady, la pluie sillonne les tarmacs quand tu n'es pas là. Rayés. Nous ne prenons plus les chèques, merci de votre compréhension. Ferme les yeux. 
Ferme les yeux et aspire le road-movie. Monte. Sniffe. Garde l'autoroute désert. Le kick régulier, vortex palpitant, philtres et fumée titane. La ligne blanche. Et toi. Toi. Toi. À côté.
Promeneur dans la nuit. Snakant les rabatteurs. Poussières en delay dans les dunes de ciment. Le vent métal. Les vagues d'asphalte. Flash. Derrière le pare-feu, l'interface secrète de Vénus. Le bruit d'un sabre. Le froid blanc. Le son à fond. Tu avais fait : « Viens, approche-toi. Plus près... tiens, mon numéro... etc... ».  
→ Nous regardions sous cape le bus underground ouvrir une brèche dérobée dans les codes fous. Tous les nous, deux. Enregistrer sous. Raie de lumière, la porte reculée, la nuit. L'interface secrète de Vénus. Tous les nous, deux. Conspirateurs dissimulés. Vases communicants sous les arcades en néon. Les lampadaires orange. Sliders cryptiques, kaléidoscope de connectiques occultes dans le cosmos digital. Je m'entends battre. Vivant en bêta-version. Fondu noir.

Noir et blanc.
Promeneur nocturne dans les néons, les flaques, les reflets flasques et gondolés. Les sillons. L'eau racle dehors. Ondule sur le vinyle. Sur le banc. La lune trou de vers. Ton œil fatal sous ligneur numérique. Un snare clair éclate les lignes des trottoirs. Éclaire et crève d'insectes grouillant le caniveau mystique. Élastique. Détrempé. Sulfurique. Les toits en 3D résonnent. Clignotent. Cliquettent et martèlent. Je suis un sample au piano. Le premier soir. Je suis le soir dont le delay ne s'arrête jamais.
Gros plan : première taffe.
Vous êtes dans un réseau social.
Zoom : tes lèvres : la fumée.
Vision subjective. Traces western rouillé, enchevêtrées, l'azimut grince à moins de 80 bpm. Black domina Haze. Le grain 16 mm griffe le sable sépia. Tu avais dit : 
« Pourquoi lutter ? On a trop de choses en commun.  »

Système d'exploitation requis : port autonome classique.
La version légale de ce métavers est gratuite. 

Tu avais ajouté : 
«J'ai l'impression que je te connais depuis toujours. »
Monde persistant.
Branché dans la salle immersive.
Au loin, la nuit globale était tombée sur le machinima urbain.
Sécurité : aucune. 
Aucune.

Le premier soir Lady Cape, ce premier soir où notre séquence venait de s'achever... le bruit blanc persistant. Acouphènes spirales. Déconnecté. Le retour, seul dans le fauteuil du salon. Débranché. Sourd dans la pièce obscure. Étourdi. Et face à moi, les écrans affichaient : 

Vous gagnez deux mille crédits.

     Faites évoluer votre personnage !     


See Real

7.3.15

51. See Real _ '23 secondes (part 1)'

Regarde au-dessus des tours grises, regarde les hélicoptères qui tracent des contrechamps spirales.
Regarde par la vitre entre les gouttes les lumières fantasques, les traits sinueux concentriques/ dévide quelques reflux soap de vielles clopes décadentes, glide et distorsion sur la basse, bring me alone, soupir, contre toi qui rêves sans artefact, sans plus aucun artifice ingénu, regarde les feux idoines d'un camp de fortune glissant le long des flots sombres que j'imagine piqués de planctons phosphorescents, le ressac numérique dans le vide du jour virtuel, les rues enregistrées, regarde ; j'imagine l'acier froid d'un canon entre mes lèvres. Touchant mes dents.
Des tablas évanescents, explosions noires, chassent le vent, charrient la pluie dans des flaques de lave solide. Une boule dans la gorge. Les spams de mes demies-nuits. Je. Tu ne peux pas pleurer. Spleen. Opaque. Insomnie noire. Key logger. Ressaisissez votre mot de passe. Montée. Écarquillés/ le plafond noir. Tes yeux grands ouverts. Injection trash. Implosion.

L'espace modifié prend place sous tes yeux. Tu sembles horrifié. Choqué. L'émotion, c'est : la panique, la panique torpeur.

Insomnie rouge.

Key logger. Injection. Déjection. Ressaisissez votre mot de passe. L'inoculation ne dure que 23 secondes. Les plafonds défilent. Le bruit des roulettes. Néons, couloir d'hôpital, la panique écarquillée dans la lame du scalpel. La pointe de la seringue. Flash d'insomnie. On utilise une aiguille ultra-fine introduite à travers la sclère du patient à un endroit pré-déterminé. Ré-ré-réveille-toi. Les nuages glissent sous la lune noire.
Injection d'insomnie. La structure ADN se calque sur les 23 paires de chromosomes du sujet. Flash. Lumière blanche. T'injecte l'insuline glycol, la térébenthine, les trojans et virus célèbres, communion cellulaire à travers les nuits qui se tordent, le glide sur la basse germinale, les télépathies thuriféraires. Un microcode nanoviral de seconde génération.
Rouge sang. D'abord le venin sur mes/tes lèvres, une nouvelle caresse, une nouvelle expérience, une modification, une morphose insidieuse, poison dans le vide du jour virtuel. Oui, une reprogrammation génétique.
Regarde les hélicoptères qui larguent du napalm, regarde au-dessus des tours grises. Regarde par la glace entre les cellules les cellules se dévorant entre elles, rubis cannibale, l'insuline ahrimanienne qui t'écarquille au maximum, instillation GABA, les yeux plafonnés, striés de souvenirs de ciel bleu. Styx. Le cerveau allumé en mode automatique. En roue libre dans les contrechamps spirales des nuits blanches.

Tout est confus. Sur tes mains, du sang.
Ne bougez pas, là, doucement. (Regarde par la vitre entre les gouttes, seringue rouillé d'images radioactives, ferraille, le ressac numérique des voitures phares allumés, le va-et-vient perpétuel, toujours minuit ici, coupe-illusion, passe-bas, scalpel, insomnie de lave bouillante, larves brouillées, lèvres entrouvertes. L'injection les yeux ouverts.) Laissez-vous faire.

Typhus, trip hallucinatoire aspirant la fenêtre ; les revêtements acides débordent tous azimuts les venelles en bas que j'imagine visqueuses, humides et puantes. Nuits infinies. Babylone. Bring me alone. Relâchez la pression. Ça y est. On y est. Shoot de noradrénaline au fond de l’œil. Accélération. La ronde des pensées incontrôlables. Écarquillé. C'est bon. Le plafond s’élève. Les torchères dérapent. Injection trash. Au creux de l'oreille, les mêmes mots, ré-ré-réveille-toi, la tension, seule, et l'injonction, l'injection d'insomnie dans les rues déformées, les murs mous qui suintent, suent, scient, cisaillent – impossible de dormir : tes yeux grands ouverts. Insomnie lysergique programmé. Implant réussi. Quand il ne reste plus rien d'autre que ça, je me lève.
Le canon froid du réel entre mes lèvres, la pièce dans le noir, la lune à la fenêtre entre les arbres, la lumière jaune, arraché , extrait vivant d'un caveau profond. Biopuce implantée. Du sang strident, épais, tumultueux, acouphènes bouillonnants ; insomnie rouge sang. Dérèglement en temps réel.

Tout est confus. Du sang sur tes mains.

.../...


See Real
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