15.1.17

117. iaznam zianam _ 'À la jetée'

à la jetée
je TE déroule
déroute de hordes vocales
`deep throat`
je TE ravale TE recroqueville dans la coquille du con désarticulé d'arithmétique 
je TE ravine TE coule dans l'échine de ma croûTE chicane TE caquetTE raquetTE croule dans les cimes sidérées de cyprine

toi recel      placardé aux grilles du
                                       salace
¨silencio¨                             sismique

je TE mâche TE racornis TE resquille dans la traînée des 
pétales de rêves
je TE cramponne TE mastique TE harangue TE croupis dans les 
bulles d'espoir alentour
desseoir de moites amours déchoir halant tes faubourgs
je TE fabule TE jubile TE précarise TE graviTEcadenasse TE fertilise TE lamine TE paupérise TE gargouille TE goudronne TE propagandise TE dogmatise TE hallalise TE chamanise TE chavire TE saborde TE maudis TE prône

pierrot sois fou
sois soûl du pouls de mon joug
en dynamite enhardi
*si j'ai fini si j'ai fini si j'ai fini si j'ai fini

                °la beauté
*tu peux finir
               "quand le réel frappe à ma porte
.


(inspiré par Holy Motors, Leox Carax ; Persécution, Patrice Chéreau ; Pierrot le fou, Jean-luc Godard)


iaznam zianam

7.1.17

115. Claire Von Corda _ 'Caravane palace'

Et les cervidés des feuilles mortes pourrissent sous l'humidité. 
Et les jours de pluie où le soleil n'est pas, se veulent estivaux. 
Et les vaudevilles des vacarmes se préparent et s'échafaudent sous les vols des marécages. 
Des gallinacés déplumés en bonne et due forme comme s'il en pleuvait. 
Et les cervidés, encore et toujours les cervidés des caravanes palaces qui stagnent en luminaire des fanfares. Des chiens de paille.
Et dans le fond de la forêt, tout paraît toujours mieux. Et la gelée reste, et la mousse dure. Et la merde s'ancre. 
Et les jours de rien, de quand le légendaire homme-chacal part, ne se peuvent qu'à rallonge. 
Et les jours de moins, de quand les mots se vautrent, ne se heurtent qu'à la rouille des vieux pneumatiques du camping car. 
Et la pluie encercle la carcasse métallique à l'abandon. 
Et dans le fond de la forêt, la rouille des roues réfléchit la putréfaction des feuilles fauves. 
Et dans la journée du cheval, la ruine miroite les ravages de la flore sylvestre entre autres.
Et c'est une longue attente à moi, rien qu'à moi, qui se joue sous la couenne des animaux morts. 
Et je ne dirai rien. Et ne demanderai rien. 
Et la dépouille de notre habitacle sur roue prendra peut-être la route ou le feu, dès demain matin. 
Et dès demain matin, la dépouille de notre deux en cercle huit clos, prendra peut-être la fin ou la forme, dès demain matin.
Ça changera quoi ?

Ça changera quoi ?

Les animaux et leurs peaux en dépouille parsèment notre feu devanture. 
Et les fourrures se mêlent aux racines, qui se mêlent à la terre, qui se mêle au métal. 
Et les fourrures se mêlent à l'acier, qui se mêle à la souche, qui se mêle en mitraille. 
Bête ferrailleuse, rodéo métallique, ensevelissement mécanique.
Une sorte de tapis de sol de malvenue ici jonche toute la clairière perdue sous les feuillages à l'odeur de pourriture et de parasites humides. 
Les pieds crissent sous ça. 
Les pieds glissent sous ça.
Les pieds perdent sous la mousse des natures et animaux déchets. 
On enfonce, on ensevelit, on s'enfonce. 
Ici c'est loin, ça transpire la perte, la fuite, le restez chez vous. 
Et dans le fond de la forêt, assise aux restes de la tables en plastique qui jamais n'a été, je fume du vieux tabac. 
Et la lumière jamais ne perce l'épaisseur des couches de feuillages malsains. 
Et l'air frais jamais ne ventile le cloaque à l'air libre, ne le traverse l'air frais, ne le transperce l'air frais et ne l'enlève à son air vicié, l'air frais. 
Avariés sont les troncs, microbes sont la compagnie. 
À brûler est la caravane.

Ça changera quoi de trouver ça ? Ça changera quoi de faire le chemin jusqu'ici ? Ça changera quoi de vouloir nous sortir de là, de nous montrer les avantages du dehors ?
Et avec un peu de chance la foudre (nous) frappera dans notre sommeil.
Et avec un peu de chance un arbre s'abattra sur notre caravane de fortune et broiera nos squelettes en os pouilleux.
Et avec un peu de chance une horde de loups affamés viendra nous déchirer nous dévorer pendant nos sommeils insomniaques.
De toute façon ça changera quoi ?

Ça se referme.
Et à la table des fous, elle sera la première. Et tous la regarderont et tous se demanderont.
Et toujours la solitude et encore la solitude.
Faîtes que rien ne sorte.

Parce que c'est une fête foraine vivace qui se prépare par ici.
Ça se referme. 
Dans les paillettes pour de faux. Dans les pantins mal ficelés. Dans les pénombres des feuilles mortes. Ça se referme.
Et il est à bascule le cheval.

La table des fous est au complet et les mets sont en délice ce que l'acier est au sucré. Et les enfants zombies ressortent de leur trou pour nous faire croire à un meilleur, pour nous faire croire à un après.
Pour nous faire croire à la festivité.

Et dans la journée du cheval, de quand le légendaire homme-chacal part, ne se peuvent qu'en fanfare.
Et l'orchestre est sur la route. Et les néons sont accrochés. Les guirlandes des années passées seront sortis, ce soir, vous savez.
Et c'est une grande fête qui se prépare. Parce qu'à la table de l'ennemi, les orgies se font salées.
Et nous dansons, nous n'avons peur de rien.
Et nous avons sept ans ou quatre-vingt-onze ans on ne sait pas. Les garçons des îles perdues nous manquent et nous fêtons avec notre Animal-Totem, nous fêtons les heures à venir, les heures passées, les heures attendues, nous fêtons

Et la menace rode. On se ne sait pas où, mais la menace traîne.
Les sourires pseudo-insouciants, les basculements faussement enthousiastes. Le faussement. Tout sent le comme si.
La joyeuseté de pacotille et les faux semblants du content d'être content tord les boyaux.
Parce que toujours dans la caravane j'observe cette comédie pâle et sans saveur du comme il faut.
Et la menace rode et la menace.

Le cheval à bascule, les dents en plâtre, les fausses moustaches et le maquillage. Parfaite illusion du tout va bien
Et quand tout éclatera au grand jour, il restera quoi de notre vraie lutte, de notre réel combat, de la Vérité ? Les gens riront, se moqueront, les gens.
Comme toujours.
Et les rires des gamins débiles nous rendront sourds et écraseront nos tympans.
Et la lutte ne sera plus, la lutte n'existe plus, avant même d'avoir commencé, la lutte.
Et l'heure est à la joie et l'heure est à la fête et l'heure est au léger.

Mais craignez les lendemains. Les oiseaux de mauvaise augure auront raison ce soir de votre bonne humeur.
Et la menace rode
Et les êtres du Lointain sauront vous rappeler à l'ordre.
Et l'alcool aide. Pour vous perdre, pour vous rendre plus docilement, l'alcool.
Les êtres de l'Ailleurs savent par quel bout vous prendre, par quel chemin vous détourner.
Et vous êtes petites et vous êtes faciles.

Et les accords des ténèbres dans les flammes de l'Orient. Et les fausses notes se font entendre, menaçantes. Et tout le monde dans le social du comme il se doit. Les sourires faciles et faux des demoiselles mortes-vivantes font croire à la fête foraine de l'année.
Et les gens du Là-bas, et les gens du monde Autre observent, ne disent rien et attendent.
Sur les manèges en bois, c'est strident la menace des arabesques qui montent en octave.
Et derrière les arbres, les maisons hantées cachent les hommes masqués d'horreur.
Sur des relents de musique indienne ou arabe. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Ce que je sais c'est que le faux-semblant bientôt s'effondrera. Château de cartes en calque, la joie ne transpirera plus. Les sourires deviendront à l'envers, deviendront grimace. Et les gens de la terre d'Ailleurs gagneront du territoire, du terrain.
Et nous captureront. Nous, tristes perdants.

Amusez vous comme si de rien n'était. La caravane pue le vocifère et sent le rance du ça énerve.
Et pas de participation, on regarde, on observe, à qui sera le meilleur et le plus danseur.
Mais cow-boy il est à bascule ton cheval. Et ton pistolet à capuchon.
Les cartouches en bois ne tueront personne et les cibles sont en mousse.
Il est pour qui le pompon triste fêté de village, marmaille qui se gratte des puces que la bête a laissé, que notre animal-totem nous a légué ?
Danse encore autour du feu et laisse pousser tes cheveux.
Un moment de rien et de vide avant le déluge.
Un moment de semblant avant la tempête.
Crois à un meilleur à venir, crois à des ça ira mieux.
Mais tapie dans le fond de la foret, la Bête-vacarme garde un œil ouvert et la caravane reste le chef lieu du combat,
mis sur pause,
en attente,
je garde un œil ouvert.

Ça commence mal.
Ça se referme.
Kamikaze des campagnes, cavale sur un pleutre destrier, je ris de vos promesses en bois, de vos espoirs bas, de vos aspirations faciles, je me ris.
Même si ça commence mal.
Ça se referme.
Terroriste des fagots, je galope et foudroie sur mon rodéo mécanique toutes les suppliantes qui se gaussent par ici.
Le bonhomme de l'Ailleurs ne dit rien, le bonhomme de l'Ailleurs se tait, regarde observe et mate.
S'en fout du bonhomme.
Mes dents se chevauchent, et sur le point de tomber, laissent traîner un rire qui glace jusque dans l'intérieur. Là où la chair bat, là où la chair pulse.
Et le bruit des sabots sur le chemin de terre ne se font pas entendre. Et les hennissements périlleux ne se laissent pas sortir. Et la crinière de faux poils tombe en lambeaux. Parce que tout est à vendre, parce que tout est factice, parce que tout, ça part.

Mais c'est une fête foraine vivace qui se prépare par ici.
Ça commence mal.
Ça se referme. 
Dans les paillettes pour de faux. Dans les pantins mal ficelés. Dans les lampions déchirés des feuilles mortes. Ça commence mal.
Ça se referme.
Et il est à bascule le cheval.

La table des fous est au complet et les mets sont en délice ce que l'acier est au sucré. Et les enfants zombies ressortent de leur trou pour nous faire croire à un meilleur, pour nous faire croire à un après.
Pour nous faire croire à la festivité.

Et la journée de l'équidé, de quand le légendaire homme-chacal part, ne se peut qu'en fanfare.
Et l'orchestre est sur la route. Et les néons sont accrochés. Les guirlandes des années passées seront sortis, ce soir, il paraît.
On dit que c'est une grande fête qui se prépare ici. 
Parce qu'à la table de l'ennemi, les orgies se font salées.
Et nous fêtons avec notre Animal-Totem, nous fêtons les heures à venir, nous fêtons les heures passées, les heures attendues, nous fêtons.
Et la menace rode. On se ne sait pas où, mais la menace traîne.
Le faussement. Tout sent le comme si. Joyeuseté de pacotille. Semblants bidons. Et tout le monde s'agite dans le social patibulaire du comme il se doit. Sourires faciles et faux des morts-vivants font croire aux réjouissances de l'année.
Et les gens du Là-bas, et les gens du monde-Autre se taisent, regardent, observent, et matent.
Sur les manèges en bois, c'est strident la menace des arabesques qui montent en octave.
Et derrière les arbres, les maisons hantées cachent les hommes qui se masquent en horreur.
Triste fête de village, marmaille qui se gratte des puces, Animal-Totem qui cherche son fumier.
Ce que je sais c'est que le fallacieux, les impostures, les incorrects bientôt s'effondreront. 
Château de cartes en calque, la joie ne transpirera plus. Les sourires deviendront à l'envers, deviendront grimace, singeries les sourires. 
Et les gens de la terre d'Ailleurs gagneront du territoire, du poids, du terrain.
On se tait, on regarde, on observe et mate à qui sera le meilleur, le danseur et le plus.
Et il est à bascule le cheval. Et le pistolet en plastique. Et l'arme en jouet.
On n'ira pas loin.
Ça commence mal.
Ça se referme.
Et la menace rode et la menace.
Et quand tout éclatera au grand jour, il restera quoi de notre vraie lutte, de notre réel combat, de la Vérité. 
Les gens riront, se moqueront, les gens.
Comme toujours.
On n'ira pas loin.
Ça commence mal.
Ça se referme.
Et les rires des gamins débiles nous rendront sourds et écraseront nos tympans.
Et la lutte ne sera plus, la lutte n'existera plus, avant même d'avoir commencé, la lutte.
Mais l'heure est à la joie et l'heure est à la fête et l'heure est au léger.
Mais.
Mais tapie dans le fond de la forêt, la Bête-vacarme garde un œil ouvert et la caravane reste le chef-lieu du combat.
On n'ira pas loin.
Ça commence mal.
Ça se referme.

Et j'essaie de les éviter.


Claire Von Corda

20.6.16

113. Clara Engel _ 'Visitors Are Allowed One Kiss'





Clara Engel
claraengel.net

18.6.16

112. Gabriel Henry _ 'Atelier'

Quand un arbre tombe, il renverse ta nuit et tu crains que ses frères ne le suivent et tu ne peux pas replonger dans le ventre antique du sommeil.

Ici j’ai vu des corps brisés par la nuit, avalés par elle, rendus diaphanes. Ils n’avaient pas compris qu’au bout des pieds s’ensuivent des racines, pleines de sel et de cris.

Au matin j’observe de ma fenêtre les petits immeubles de faubourg qui font face. Leurs veines sont noires, ils pleurent. Ça y est, la grande restauration du sens magique est commencée. Il est temps que l’homme puisse voir le prolongement de ses jambes sous la terre.
Aujourd’hui nous allons libérer cette autre ville assiégée qu’est le ciel d’ici. Faire taire les siècles entiers d’ailes toilées et de tubes à essai. Je pourrai danser sur les petits monticules où dorment ces folies, danser sur la terre nubile et bientôt demander l'assistance de la pluie.
J’irai en reconnaissance là où les arbres s’annoncent, m’inspirer des forteresses d’enfants, y chercher les marques de celles qu’ils font de tête et de nuit, infiniment plus grandes.
J’étudierai. Après l'oreille à l'écorce, après la couture des mousses, nous aurons la liberté d’inventer. Entrechoquer des ossements et donner un nom, un sens à cela. Faire des signes et des symboles. Et lire dans les fumées vacantes.
J’ai déjà décidé de lever trois colonnes rythmées, surmontées de la tête des animaux tutélaires.
J’ai beaucoup travaillé l’argile. Les statuettes sont cuites sous une langue inconnue. Puis couvertes de morceaux d’étoffe, car elles sont faites de veillées et de chants qui brûlent nos doigts.

Avec le temps et de partout viendront sans musique des êtres de bois, de plumes, des hommes doublés d’animaux communs, les cheveux peuplés. Ils vont produire des accidents de fumée. Un chamane peut s’inventer ainsi et sans sourire. 
Nous n’allons tuer personne. 


Gabriel Henry

2.6.16

109. Jacques Cauda _ 'Il fait beau montrer mon cul dit le modèle à la main qui peint la belle'



















  1. Il fait beau montrer mon cul dit le modèle à la main qui peint la belle

  1. Il fait beau montrer

  1. mon cul
  1. dit le modèle
  1. à la main
  1. qui peint

  1. LA BELLE

31.3.16

108. Dream of Electric Sheep _ 'Soarta'





















soarta     
ovoenne     
dana     
zoroanne     
finarmi     
hassla     
houvi     
ivaheni     
meïaxa     
niama     
senec     
tiname

Dream of Electric Sheep
dream-of-electric-sheep.jimdo.com

18.3.16

107. See Real _ 'Real Life™ (chapitre 1)'

1

Un snare clair éclate les lignes des trottoirs. La pluie glisse dans le caniveau. Une voix, ta voix ?, résonne et se confond avec les gyrophares hirsutes. La pluie grésille comme un vinyle. Je m'entends battre. Non ce n'est pas ta voix, tu dors déjà et tu n'es plus là. Il y a le désert dehors. Et dedans. Bless up, la basse grasse racle, racle et racle ce qu'il y a au fond sûrement. Des os, des bouts de  sonneries poussiéreuses, des textos décharnés, usines délabrées. Les toits en tôle vibrent. Tintent. Assourdissent. La ville qui s'endort en lumières là-bas. 
Je suis des guitares andalouses en delay. Des infra-basses graves-acides. Hydre. Un sample au piano. Tu m'as quitté la nuit dernière je crois. Toutes les nuits sont la dernière maintenant. C'est de manque maintenant le sulfurique ; la tête, ma, résonne sur le carrelage froid, des, mes, cris déchirent la nuit de l'immeuble, les missiles m'ont touché, je saigne, me vide, sur le parquet, la moquette de la télé, les films qu'on avait faits sur la route, la route tout juste disparue : je te vomis. Mais pas encore assez. 
Lady Capulet sous ta capuche de crapule tu m'as/ Les supermarchés sont interdits aux dissimulés, mais pas, non pas les nuits. Code-barre. Effleurer ta bouche, ta bouche, le soir en rentrant je sais pas où tu es. L'oracle reste mystérieux. L'interface gelée. Tout semble serein. Plein. Et vide.
Une tête de serpent domine la coupole illuminée par les sodiums de la ville. J'imagine que Jah est à mes côtés en fumant mon joint, tu dois te souvenir de ce que c'est. 

L'autoradio était allumé, les basses bien à fond, tu tirais de longues taffes oblongues pendant que je conduisais vers l'autre versant luisant. « Pourquoi lutter ? » m'avais-tu dit. « ...tu es seul, tu es en panne d'inspiration et,... je crois comprendre : le succès, ça peut être intimidant. C'est tout à fait naturel que tu te mettes la pression. Laisses-moi t'aider. » Feu rouge. J'ai fait : « Tu sais ce que je veux ? » Feu rouge. Essuie-glaces. Tu m'as répondu, « ...plus vite tu auras fini ces pages et plus vite tu me reverras. »
Express hurlant. Brûlant. Aéroport de nuit. Café désert. Tu sais comme un rêve, une insomnie douce, floue, enfumée - je suis des guitares andalouses en delay, des samples de guitares andalouses en delay - un truc que tu connais, les arcanes du mal, un glide sur une basse, les racines du spire, ton programme inné, l'impression aiguisée, une voix proche murmure, ta voix ? bip, Fondu noir. 
Noir et blanc.
Ton corps doux en plastique. Papier numérique. Mots doubles. Chiffres chiffonnés. Combinaison tactile. Codes secrets dans la matrice. Ton, notre ADN enlacé, mutant, palpitant, skank & sirène dub, l'écho, ici, d'où nous parlons la même langue. Sans hasard. Le glide sur la basse, au cœur du siphon solénoïde, vortex astéroïde récite le chant spirale, takit ez, l'inscription en vieil acmé numérique sur la face nord du disque dur, 1.0, la route est comme tu t'en souvenais, les toits en tôle vibrent, les nuages passent, un semblant de vie dans la machine, antique pulsion remontée des abysses, le kit parfait sorti d'une petite boîte à opium oubliée sous les cendres : 
→ les heures lentement, visions, salle d'attente bondée, néons blancs, foule perturbée, rues instables, tangibles.
→ Les espaces-temps décalés. 
→ Sous la lune-skunk, des lampadaires orange, des masques à gaz et des usines décharnées, des courbures intersidérales, phares, battements Alpha-programme, mot de passe ; couloirs évanescents, fatums aux parois transparentes, vitres thêta-opaques, faux-miroir numérique, la brèche se répand en pixel sur le mur, des passages arachnoïdes et des souterrains familiers, slogans sur mesure, j'ai l'impression de te connaître depuis longtemps, mon cœur binaural, scanner aléatoire, nos voix synchrones, ouverture et fermeture automatique des portes.
→ Toutes les nuits sont neuves®. La pluie crépite comme un vinyle.

Promeneur solitaire, écarquille les arcanes. Fouille les canaux. Écrase les têtes grasses et collantes. Monte dans le bus underground, Top Secret. Climatisation et vitres teintées. Repoussez les limites de vos exigences. Les ambiances s'irradient. Connexes. 
Lady, les crypto-photos grésillent. Des roues dans les flaques. La buée et l'incandescence de ta bouche et le crissement des feuilles. Comme un vinyle. Lady, la pluie sillonne les tarmacs quand tu n'es pas là. Rayés. Nous ne prenons plus les chèques, merci de votre compréhension. Ferme les yeux. 
Ferme les yeux et aspire le road-movie. Monte. Sniffe. Garde l'autoroute désert. Le kick régulier, vortex palpitant, philtres et fumée titane. La ligne blanche. Et toi. Toi. Toi. À côté.
Promeneur dans la nuit. Snakant les rabatteurs. Poussières en delay dans les dunes de ciment. Le vent métal. Les vagues d'asphalte. Flash. Derrière le pare-feu, l'interface secrète de Vénus. Le bruit d'un sabre. Le froid blanc. Le son à fond. Tu avais fait : « Viens, approche-toi. Plus près... tiens, mon numéro... etc... ».  
→ Nous regardions sous cape le bus underground ouvrir une brèche dérobée dans les codes fous. Tous les nous, deux. Enregistrer sous. Raie de lumière, la porte reculée, la nuit. L'interface secrète de Vénus. Tous les nous, deux. Conspirateurs dissimulés. Vases communicants sous les arcades en néon. Les lampadaires orange. Sliders cryptiques, kaléidoscope de connectiques occultes dans le cosmos digital. Je m'entends battre. Vivant en bêta-version. Fondu noir.

Noir et blanc.
Promeneur nocturne dans les néons, les flaques, les reflets flasques et gondolés. Les sillons. L'eau racle dehors. Ondule sur le vinyle. Sur le banc. La lune trou de vers. Ton œil fatal sous ligneur numérique. Un snare clair éclate les lignes des trottoirs. Éclaire et crève d'insectes grouillant le caniveau mystique. Élastique. Détrempé. Sulfurique. Les toits en 3D résonnent. Clignotent. Cliquettent et martèlent. Je suis un sample au piano. Le premier soir. Je suis le soir dont le delay ne s'arrête jamais.
Gros plan : première taffe.
Vous êtes dans un réseau social.
Zoom : tes lèvres : la fumée.
Vision subjective. Traces western rouillé, enchevêtrées, l'azimut grince à moins de 80 bpm. Black domina Haze. Le grain 16 mm griffe le sable sépia. Tu avais dit : 
« Pourquoi lutter ? On a trop de choses en commun.  »

Système d'exploitation requis : port autonome classique.
La version légale de ce métavers est gratuite. 

Tu avais ajouté : 
«J'ai l'impression que je te connais depuis toujours. »
Monde persistant.
Branché dans la salle immersive.
Au loin, la nuit globale était tombée sur le machinima urbain.
Sécurité : aucune. 
Aucune.

Le premier soir Lady Cape, ce premier soir où notre séquence venait de s'achever... le bruit blanc persistant. Acouphènes spirales. Déconnecté. Le retour, seul dans le fauteuil du salon. Débranché. Sourd dans la pièce obscure. Étourdi. Et face à moi, les écrans affichaient : 

Vous gagnez deux mille crédits.

     Faites évoluer votre personnage !     


See Real

2.3.16

106. Jean-Pierre Parra + Marianic Parra _ 'Variations'

Variations I

Dans la liberté 

tu remues 
dans l'intervalle 
entre toutes les lignes 
les ombres qui cachent la vie























Variations II

Sans trembler 
dans la vertigineuse frénésie 

tu offres 
pensers détournés 
le théâtre nouveau























Variations III

Arraché 
vertige aimé 
au présent 
trop consommé 
trop connu 

tu dépenses 
puissance donnée 
la vie
























Variations IV

Noyé 
sans souci de savoir 
dans le tourbillon des lignes sans fin 

tu vis 
impatience accrue 
la vie























Variations V

Immergé 
attente éliminée 
dans tous les hasards 

tu brises 
enchaîné à ce qu'il faut dépasser 
les limites























Variations VI

Flottant
dans le présent
qui augmente
qui diminue

tu précipites
hasard adoré
les lignes























Variations VII

Prisonnier
dans l’entrelacs appris
de la singularité

tu apprends
repères perdus
les énigmes privées de fins























Variations VIII

Ivre de hasards

tu joues
sans terme
au jeu de la signification

tu puises
dans toutes analogies
l’accouplement dissolution des lignes























Variations IX

Sauté
vertiges naissants
hors de toi-même

tu crois
combinaisons multipliées
dissolutions renouvelées
à la vie























Variations X

Libéré
pensée trouvée
de toutes les expériences labyrinthiques
qui retardent

tu échappes
libre
au sort






















Jean-Pierre Parra _textes_
parra-art.com

Marianic Parra _dessins_
parra-art.com
[ka] Aaron Mirkin Adham Alain Helissen Alessandro Bavari Alexa Wilding Alexandra Fontaine Alexandra Kalyani Alx P.op Angèle Casanova animation Annabelle Verhaeghe Antony Micallef art contemporain Aziz Zaâmoune Baby Scream bande dessinée Bissecta de Kinsâme Bruno FortuneR Catherine Estrade chanson Chloé Charpentier Chloé Wasp Chris Mars Christophe Siébert Christopher Arcella Claire Sauvaget Claire Von Corda Clara Engel clik vanzenovitch clip Cloud Seeding court métrage danse dessin Dim Media Dream of Electric Sheep Enki Ashes Erik Johansson Florent Tarrieux Gabriel Henry Gaël Chapo graphisme Heart of Hearts Heeran Lee Hourra Marinella Hugo Dietür image izaniam zianam Jacques Cauda Jean-Christophe Liénard Jean-Paul Gavard-Perret Jean-Pierre Parra Jean-Sully Ledermann Kat Gogolevitch La Sucrerie Laurent Heller Le Manque Lettercamp c/o Escalofrio lithium idols a.k.a. david spailier littérature long métrage Lonz Lorem LWO malmo Marc-Henri Arfeux Marianic Parra Marjorie Accarier Miao Jiaxin Michel Meyer MorrisonDance Muerto Coco musique musique électronique My Own Cubic Stone Nadine Carina Nils Bertho Nina Paley No Way Out nobodisoundz nouvelle OBSCURESCENCE [Alain Detilleux] Odkali de Cayeux Olivier Warzavska (AKA Walter Van Der Mäntzche) Paola Suhonen peinture performance Philippe Jozelon Philippe Lamy photographie poésie poésie sonore sancar dalman SandinoSéchiant Sandrine Deumier Scott Radke sculpture Sébastien Loghman See Real Sonologyst Stéphane Bernard Teklal Neguib texte The Chrysdoll Project The Physical Poets théâtre Thierry Théolier Ullapul vidéo Vincent Motard-Avargues Wim de Vlaams Yann Hagimont Yentel Sanstitre