20.6.16

113. Clara Engel _ 'Visitors Are Allowed One Kiss'





Clara Engel
claraengel.net

18.6.16

112. Gabriel Henry _ 'Atelier'

Quand un arbre tombe, il renverse ta nuit et tu crains que ses frères ne le suivent et tu ne peux pas replonger dans le ventre antique du sommeil.

Ici j’ai vu des corps brisés par la nuit, avalés par elle, rendus diaphanes. Ils n’avaient pas compris qu’au bout des pieds s’ensuivent des racines, pleines de sel et de cris.

Au matin j’observe de ma fenêtre les petits immeubles de faubourg qui font face. Leurs veines sont noires, ils pleurent. Ça y est, la grande restauration du sens magique est commencée. Il est temps que l’homme puisse voir le prolongement de ses jambes sous la terre.
Aujourd’hui nous allons libérer cette autre ville assiégée qu’est le ciel d’ici. Faire taire les siècles entiers d’ailes toilées et de tubes à essai. Je pourrai danser sur les petits monticules où dorment ces folies, danser sur la terre nubile et bientôt demander l'assistance de la pluie.
J’irai en reconnaissance là où les arbres s’annoncent, m’inspirer des forteresses d’enfants, y chercher les marques de celles qu’ils font de tête et de nuit, infiniment plus grandes.
J’étudierai. Après l'oreille à l'écorce, après la couture des mousses, nous aurons la liberté d’inventer. Entrechoquer des ossements et donner un nom, un sens à cela. Faire des signes et des symboles. Et lire dans les fumées vacantes.
J’ai déjà décidé de lever trois colonnes rythmées, surmontées de la tête des animaux tutélaires.
J’ai beaucoup travaillé l’argile. Les statuettes sont cuites sous une langue inconnue. Puis couvertes de morceaux d’étoffe, car elles sont faites de veillées et de chants qui brûlent nos doigts.

Avec le temps et de partout viendront sans musique des êtres de bois, de plumes, des hommes doublés d’animaux communs, les cheveux peuplés. Ils vont produire des accidents de fumée. Un chamane peut s’inventer ainsi et sans sourire. 
Nous n’allons tuer personne. 


Gabriel Henry

2.6.16

109. Jacques Cauda _ 'Il fait beau montrer mon cul dit le modèle à la main qui peint la belle'



















  1. Il fait beau montrer mon cul dit le modèle à la main qui peint la belle

  1. Il fait beau montrer

  1. mon cul
  1. dit le modèle
  1. à la main
  1. qui peint

  1. LA BELLE

31.3.16

108. Dream of Electric Sheep _ 'Soarta'





















soarta     
ovoenne     
dana     
zoroanne     
finarmi     
hassla     
houvi     
ivaheni     
meïaxa     
niama     
senec     
tiname

Dream of Electric Sheep
dream-of-electric-sheep.jimdo.com

18.3.16

107. See Real _ 'Real Life™ (chapitre 1)'

1

Un snare clair éclate les lignes des trottoirs. La pluie glisse dans le caniveau. Une voix, ta voix ?, résonne et se confond avec les gyrophares hirsutes. La pluie grésille comme un vinyle. Je m'entends battre. Non ce n'est pas ta voix, tu dors déjà et tu n'es plus là. Il y a le désert dehors. Et dedans. Bless up, la basse grasse racle, racle et racle ce qu'il y a au fond sûrement. Des os, des bouts de  sonneries poussiéreuses, des textos décharnés, usines délabrées. Les toits en tôle vibrent. Tintent. Assourdissent. La ville qui s'endort en lumières là-bas. 
Je suis des guitares andalouses en delay. Des infra-basses graves-acides. Hydre. Un sample au piano. Tu m'as quitté la nuit dernière je crois. Toutes les nuits sont la dernière maintenant. C'est de manque maintenant le sulfurique ; la tête, ma, résonne sur le carrelage froid, des, mes, cris déchirent la nuit de l'immeuble, les missiles m'ont touché, je saigne, me vide, sur le parquet, la moquette de la télé, les films qu'on avait faits sur la route, la route tout juste disparue : je te vomis. Mais pas encore assez. 
Lady Capulet sous ta capuche de crapule tu m'as/ Les supermarchés sont interdits aux dissimulés, mais pas, non pas les nuits. Code-barre. Effleurer ta bouche, ta bouche, le soir en rentrant je sais pas où tu es. L'oracle reste mystérieux. L'interface gelée. Tout semble serein. Plein. Et vide.
Une tête de serpent domine la coupole illuminée par les sodiums de la ville. J'imagine que Jah est à mes côtés en fumant mon joint, tu dois te souvenir de ce que c'est. 

L'autoradio était allumé, les basses bien à fond, tu tirais de longues taffes oblongues pendant que je conduisais vers l'autre versant luisant. « Pourquoi lutter ? » m'avais-tu dit. « ...tu es seul, tu es en panne d'inspiration et,... je crois comprendre : le succès, ça peut être intimidant. C'est tout à fait naturel que tu te mettes la pression. Laisses-moi t'aider. » Feu rouge. J'ai fait : « Tu sais ce que je veux ? » Feu rouge. Essuie-glaces. Tu m'as répondu, « ...plus vite tu auras fini ces pages et plus vite tu me reverras. »
Express hurlant. Brûlant. Aéroport de nuit. Café désert. Tu sais comme un rêve, une insomnie douce, floue, enfumée - je suis des guitares andalouses en delay, des samples de guitares andalouses en delay - un truc que tu connais, les arcanes du mal, un glide sur une basse, les racines du spire, ton programme inné, l'impression aiguisée, une voix proche murmure, ta voix ? bip, Fondu noir. 
Noir et blanc.
Ton corps doux en plastique. Papier numérique. Mots doubles. Chiffres chiffonnés. Combinaison tactile. Codes secrets dans la matrice. Ton, notre ADN enlacé, mutant, palpitant, skank & sirène dub, l'écho, ici, d'où nous parlons la même langue. Sans hasard. Le glide sur la basse, au cœur du siphon solénoïde, vortex astéroïde récite le chant spirale, takit ez, l'inscription en vieil acmé numérique sur la face nord du disque dur, 1.0, la route est comme tu t'en souvenais, les toits en tôle vibrent, les nuages passent, un semblant de vie dans la machine, antique pulsion remontée des abysses, le kit parfait sorti d'une petite boîte à opium oubliée sous les cendres : 
→ les heures lentement, visions, salle d'attente bondée, néons blancs, foule perturbée, rues instables, tangibles.
→ Les espaces-temps décalés. 
→ Sous la lune-skunk, des lampadaires orange, des masques à gaz et des usines décharnées, des courbures intersidérales, phares, battements Alpha-programme, mot de passe ; couloirs évanescents, fatums aux parois transparentes, vitres thêta-opaques, faux-miroir numérique, la brèche se répand en pixel sur le mur, des passages arachnoïdes et des souterrains familiers, slogans sur mesure, j'ai l'impression de te connaître depuis longtemps, mon cœur binaural, scanner aléatoire, nos voix synchrones, ouverture et fermeture automatique des portes.
→ Toutes les nuits sont neuves®. La pluie crépite comme un vinyle.

Promeneur solitaire, écarquille les arcanes. Fouille les canaux. Écrase les têtes grasses et collantes. Monte dans le bus underground, Top Secret. Climatisation et vitres teintées. Repoussez les limites de vos exigences. Les ambiances s'irradient. Connexes. 
Lady, les crypto-photos grésillent. Des roues dans les flaques. La buée et l'incandescence de ta bouche et le crissement des feuilles. Comme un vinyle. Lady, la pluie sillonne les tarmacs quand tu n'es pas là. Rayés. Nous ne prenons plus les chèques, merci de votre compréhension. Ferme les yeux. 
Ferme les yeux et aspire le road-movie. Monte. Sniffe. Garde l'autoroute désert. Le kick régulier, vortex palpitant, philtres et fumée titane. La ligne blanche. Et toi. Toi. Toi. À côté.
Promeneur dans la nuit. Snakant les rabatteurs. Poussières en delay dans les dunes de ciment. Le vent métal. Les vagues d'asphalte. Flash. Derrière le pare-feu, l'interface secrète de Vénus. Le bruit d'un sabre. Le froid blanc. Le son à fond. Tu avais fait : « Viens, approche-toi. Plus près... tiens, mon numéro... etc... ».  
→ Nous regardions sous cape le bus underground ouvrir une brèche dérobée dans les codes fous. Tous les nous, deux. Enregistrer sous. Raie de lumière, la porte reculée, la nuit. L'interface secrète de Vénus. Tous les nous, deux. Conspirateurs dissimulés. Vases communicants sous les arcades en néon. Les lampadaires orange. Sliders cryptiques, kaléidoscope de connectiques occultes dans le cosmos digital. Je m'entends battre. Vivant en bêta-version. Fondu noir.

Noir et blanc.
Promeneur nocturne dans les néons, les flaques, les reflets flasques et gondolés. Les sillons. L'eau racle dehors. Ondule sur le vinyle. Sur le banc. La lune trou de vers. Ton œil fatal sous ligneur numérique. Un snare clair éclate les lignes des trottoirs. Éclaire et crève d'insectes grouillant le caniveau mystique. Élastique. Détrempé. Sulfurique. Les toits en 3D résonnent. Clignotent. Cliquettent et martèlent. Je suis un sample au piano. Le premier soir. Je suis le soir dont le delay ne s'arrête jamais.
Gros plan : première taffe.
Vous êtes dans un réseau social.
Zoom : tes lèvres : la fumée.
Vision subjective. Traces western rouillé, enchevêtrées, l'azimut grince à moins de 80 bpm. Black domina Haze. Le grain 16 mm griffe le sable sépia. Tu avais dit : 
« Pourquoi lutter ? On a trop de choses en commun.  »

Système d'exploitation requis : port autonome classique.
La version légale de ce métavers est gratuite. 

Tu avais ajouté : 
«J'ai l'impression que je te connais depuis toujours. »
Monde persistant.
Branché dans la salle immersive.
Au loin, la nuit globale était tombée sur le machinima urbain.
Sécurité : aucune. 
Aucune.

Le premier soir Lady Cape, ce premier soir où notre séquence venait de s'achever... le bruit blanc persistant. Acouphènes spirales. Déconnecté. Le retour, seul dans le fauteuil du salon. Débranché. Sourd dans la pièce obscure. Étourdi. Et face à moi, les écrans affichaient : 

Vous gagnez deux mille crédits.

     Faites évoluer votre personnage !     


See Real

2.3.16

106. Jean-Pierre Parra + Marianic Parra _ 'Variations'

Variations I

Dans la liberté 

tu remues 
dans l'intervalle 
entre toutes les lignes 
les ombres qui cachent la vie























Variations II

Sans trembler 
dans la vertigineuse frénésie 

tu offres 
pensers détournés 
le théâtre nouveau























Variations III

Arraché 
vertige aimé 
au présent 
trop consommé 
trop connu 

tu dépenses 
puissance donnée 
la vie
























Variations IV

Noyé 
sans souci de savoir 
dans le tourbillon des lignes sans fin 

tu vis 
impatience accrue 
la vie























Variations V

Immergé 
attente éliminée 
dans tous les hasards 

tu brises 
enchaîné à ce qu'il faut dépasser 
les limites























Variations VI

Flottant
dans le présent
qui augmente
qui diminue

tu précipites
hasard adoré
les lignes























Variations VII

Prisonnier
dans l’entrelacs appris
de la singularité

tu apprends
repères perdus
les énigmes privées de fins























Variations VIII

Ivre de hasards

tu joues
sans terme
au jeu de la signification

tu puises
dans toutes analogies
l’accouplement dissolution des lignes























Variations IX

Sauté
vertiges naissants
hors de toi-même

tu crois
combinaisons multipliées
dissolutions renouvelées
à la vie























Variations X

Libéré
pensée trouvée
de toutes les expériences labyrinthiques
qui retardent

tu échappes
libre
au sort






















Jean-Pierre Parra _textes_
parra-art.com

Marianic Parra _dessins_
parra-art.com

19.2.16

104. LWO _ 'Contemporary Art Vision'























Cette série montre des scènes de vie du quotidien interprétées ou perçues au travers des codes de l'Art Contemporain. Il ne s'agit pas d'une vision de l'Art Contemporain, mais d'une vision au travers de l'Art Contemporain. Les vidéos sont prises sur le vif, le sujet et la situation sont filmés tels quels, il n'y a quasiment aucune post-production. Le son est celui d'origine. D'une certaine manière, c'est du « ready made » vidéo.

On y trouve une déclinaison des grandes composantes typiques de l'Art Contemporain (performances, installations, art conceptuel, etc.), avec une bonne dose d’humour, de la poésie, un regard à la fois amusé et critique.























Par exemple, la « performance » d'un étrange cheval en train de manger dans son box :

























La contemplation d'un écran de cinéma blanc (fortuitement en panne) en tant qu'« art conceptuel » :

























Une « installation » au hasard des couloirs du métro :

























Du « body art » avec des bruits étranges venus de l’intérieur :



LWO
[ka] Aaron Mirkin Adham Alain Helissen Alessandro Bavari Alexa Wilding Alexandra Fontaine Alexandra Kalyani Alx P.op Angèle Casanova animation Annabelle Verhaeghe Antony Micallef art contemporain Aziz Zaâmoune Baby Scream Bissecta de Kinsâme Bruno FortuneR Catherine Estrade chanson Chloé Charpentier Chloé Wasp Chris Mars Christophe Siébert Christopher Arcella Claire Sauvaget Claire Von Corda Clara Engel clik vanzenovitch clip Cloud Seeding court métrage danse dessin Dim Media Dream of Electric Sheep Enki Ashes Erik Johansson Florent Tarrieux Gabriel Henry Gaël Chapo graphisme Heart of Hearts Heeran Lee Hourra Marinella Hugo Dietür image izaniam zianam Jacques Cauda Jean-Christophe Liénard Jean-Paul Gavard-Perret Jean-Pierre Parra Jean-Sully Ledermann Kat Gogolevitch La Sucrerie Le Manque Lettercamp c/o Escalofrio lithium idols a.k.a. david spailier littérature long métrage Lonz Lorem LWO malmo Marc-Henri Arfeux Marianic Parra Marjorie Accarier Miao Jiaxin Michel Meyer MorrisonDance Muerto Coco musique musique électronique My Own Cubic Stone Nadine Carina Nils Bertho Nina Paley No Way Out nobodisoundz nouvelle OBSCURESCENCE [Alain Detilleux] Odkali de Cayeux Olivier Warzavska (AKA Walter Van Der Mäntzche) Paola Suhonen peinture performance Philippe Jozelon Philippe Lamy photographie poésie poésie sonore sancar dalman SandinoSéchiant Sandrine Deumier Scott Radke sculpture Sébastien Loghman See Real Sonologyst Stéphane Bernard Teklal Neguib texte The Chrysdoll Project The Physical Poets théâtre Thierry Théolier Ullapul vidéo Vincent Motard-Avargues Wim de Vlaams Yann Hagimont Yentel Sanstitre